Le projet en quelques lignes


Les très petites fermes maraîchères biologiques en circuits courts représentent une des figures les plus significatives contribuant aux dynamiques sociales qui militent pour des systèmes alimentaires capables de préserver les ressources naturelles, de nourrir les populations locales de manière saine et équitable, de pourvoir aux besoins des paysans en respectant leur culture, de contribuer à la vitalité des territoires. Des travaux récents conduits dans l'équipe Agricultures Urbaines de l'UMR SADAPT ont montré que la viabilité de ces fermes était liée d'une part à leur capacité à mobiliser efficacement les interactions écologiques positives au sein de l'agroécosystème et d'autre part à s'intégrer dans un réseau local partageant des valeurs sociales, culturelles et éthiques relatives au respect des écosystèmes, à l'équité, à la qualité des aliments, à la santé. Ces deux dimensions prennent leur source dans les savoirs écologiques des maraîchers. Contingents et situés, ses savoirs composent une "intelligence pragmatique singulière". Ils ne sont partageables qu'à partir du moment où sont mis à jour les mécanismes et les logiques qui organisent la relation, complexe et jamais complètement stabilisée, entre savoirs, situation et pratiques.
En associant la technique de l'autoconfrontation et la mise en débat des résultats qui en sont issus entre maraîchers d'une part, entre maraîchers et consommateurs citoyens d'autre part, l'ambition du projet SEMBIO est de révéler ces savoirs dans ce qu'ils portent de "généricité technique" et de "généricité éthique et sociale", sources d'inspiration pour penser et améliorer la viabilité écologique et sociale de ces fermes et renforcer les réseaux qui les unissent aux consommateurs-citoyens.
Ce travail associera trois groupes locaux de maraîchers et d'organisations de consommateurs et de citoyens en Lorraine, Sud Isère et Vaucluse, des établissements de formation agricole, l'association Geyser, l'Institut technique de l'Agriculture Biologique (ITAB), l'Institut d'éducation à l'agroenvironnement de Florac (Montpellier  SupAgro) et l'UMR SADAPT (INRA- AgroParisTech), structure porteuse du projet prévu pour une durée de trois ans.
Cette recherche-action bénéficiera en premier lieu aux maraîchers et aux organisations de consommateurs des régions du projet. La diffusion plus large des savoirs qu'elle aura permis de révéler, d'expliciter et de contextualiser s'effectuera principalement par le biais de la plateforme participative de l'ITAB, qui permettra de poursuivre le débat sur ces résultats au-delà du projet. Ils seront également mobilisés dans les formations de formateurs du Plan National de Formation du Ministère de l'Agriculture de l'Agroalimentaire et de la Forêt (MAAF), et donc, au-delà dans les formations des élèves de l'enseignement agricole et de porteurs de projets d'installation. Dès la seconde année du projet, ses résultats seront rendus publics lors d'interventions à l'occasion de manifestations professionnelles et scientifiques et, à la conclusion de celui-ci, lors de deux séminaires ouverts de restitution. Outre des articles de vulgarisation, des articles scientifiques seront publiés dans des revues à comité de lecture, portant tant sur la méthode que sur les cadres théoriques par lesquels peuvent être lus et analysés ces systèmes alimentaires alternatifs, leur durabilité, leur contribution à la transition écologique et alimentaire.