SYSTEMES DE PRODUCTION


Sommaire des questions posées par les étudiants:

Pastoraux (transhumants, quelle transhumance ? verticale, horizontale, pendulaire ? )

Pâturant

Intensif

Qu'est-ce qu'un système d'élevage?

Le système d'élevage peut être considéré comme un "un ensemble d'éléments en interaction dynamique, organisé par l'homme en fonction de ses objectifs, pour faire produire (lait, viande, cuirs et peaux, travail, fumure...) et se reproduire un collectif d’animaux domestiques en valorisant et renouvelant différentes ressources" selon Landais.

Feedlots


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Feedlots au Texas

Le système des Feedlots s'est développé après la seconde guerre mondiale, à une époque où la consommation de viande s'est démocratisée.
Pour répondre à cette demande croissante de viande bovine, des parcs d'engraissement intensifs ont été développés aux États-Unis et notamment au Texas.
Les Feedlots réceptionnent les jeunes bovins maigres, afin qu'ils y soient engraissés , en provenance de fermes ou ranchs spécialisés « naisseurs ».
Les animaux y reçoivent une ration d'engraissement basée principalement sur le maïs grain, qui est parfois transformé en cornflakes afin d'en maximiser la valeur nutritive et donc le GMQ des animaux.


Ce système est décrié pour son impact environnemental dû à une concentration importante d'animaux (consommation d'eau et pollution liée aux nitrates), mais également du point de vue du bien-être animal car les parcs sont dépourvus d'ombre et d'herbe.
De plus, l'administration systématique d'hormones de croissance aux bovins dès réception est une pratique récurrente, et qui permet aux engraisseurs un gain de croissance de 10 % par tête.

(Ci-dessous) Exemple de ration de Feedlots en Argentine

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Le système a essaimé à travers le monde, notamment en Amérique du Sud, en Australie et en Afrique du Sud.

Polyculture-élevage

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Charollais, terre d'élevage bovin allaitant en Saône-et-Loire

Le système polyculture-élevage concerne des exploitations qui concentrent des productions végétales et un ou plusieurs ateliers de productions animales, se distinguant ainsi de systèmes spécialisés
Il se base sur une forme de complémentarité entre les productions, plus ou moins séparées, avec des transferts de matière
(effluents, production de céréales et de protéagineux pour l'alimentation animale, cultures fourragères en rotation avec cultures de vente, pâturage de couverts végétaux etc.)
Le degré d'intégration entre productions animales et végétales est variable selon les exploitations, et est un facteur qui conditionne le niveau d'autonomie alimentaire du troupeau ou de sobriété en intrants.


Ce système est répandu en France notamment dans les grands bassins d'élevage comme en Bourgogne avec une association de cultures et l'élevage bovin allaitant.
Mais il est également présent dans les bassins céréaliers où subsistent quelques ateliers ovins viande qui pâturent chaumes et intercultures.
Le projet POSCIF (pour Pâturage ovin en système céréalier en Ile-de-France) mené conjointement par l'association Agrof'île et l'IDELE a permis de quantifier les apports du pâturage dans les systèmes céréaliers (gain de rendements sur céréales pâturées au stade tallage, coût de destruction des couverts végétaux notamment).

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Pâturage de couverts végétaux par ovins


Holistic management ou pâturage planifié holistique

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Holistic planned grazing

Théorisé par l'écologue zimbabwéen Allan Savory, il s'agit d'une approche systémique de la gestion des ressources.
Son application à l'agriculture a été inspirée des travaux de l'agronome français André Voisin, en effet le pâturage est une des clés de cette méthode.
En Australie et aux États-Unis, de très grandes surfaces de pâturage (range land) sont gérées de manière holistique et ce afin de freiner le processus de désertification. Il s'agit de redécouper les parcelles en petits paddocks pour y pratiquer un pâturage court avec un chargement élevé lorsque les prairies sont dans un état végétatif satisfaisant.
La méthode s'oppose au set stoking , très répandu en Australie notamment et qui consiste à faire pâturer le bétail de manière prolongée sur de très grande surfaces.

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Allan Savory défend la thèse que l'élevage pâturant permet de stocker du carbone et de régénérer des sols dégradés, à ce jour cette hypothèse est rejetée par certains chercheurs.
La méthode se veut d'imiter les grands troupeaux sauvages qui participe à la séquestration du carbone, sauf que selon Dr. Sylvia Fallon du Natural Resources Defense Council (NRDC) ce modèle n'est transposable à aucun schéma de pacage car le temps de présence des animaux est limité (quinze mois en moyenne) avec d'importantes exportations en viande.
De plus, il existe peu de références techniques à ce sujet, et les fermes qui se lancent dans la méthode n'ont aucune garantie de résultat.

La gestion holistique d'une entreprise agricole ne s'arrête pas au mode de pâturage, mais s'inscrit dans une démarche globale d'adaptabilité aux conjonctures économiques et climatiques.
C'est ainsi que des troupeaux peuvent variés en nombre de manière significative selon les années en fonction des ressources disponibles.


Biodynamique

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Vache d'une ferme biodynamique en Toscane (Italie)

Théorisé par l'autrichien Rudolf Steiner en 1924, l'agriculture biodynamique est un système de production agricole basé sur une approche ésotérique, et qui considère les humains, les plantes, les animaux d'élevage, les animaux sauvages et le sol présents sur un domaine comme les organes d'un être-vivant.
On parle ainsi d'une individualité agricole ou organisme agricole dont l'ensemble des éléments cités ci-dessus sont interdépendants et intégrés. Appliqué à l'élevage, le cahier des charges de Demeter (marque de l'agriculture biodynamique) stipule que les animaux doivent au maximum exprimés leurs comportements naturels : interdiction de l'écornage afin que les animaux puissent établir leur hiérarchie et se définir un espace vital , de la castration, obligation du pâturage etc.

Mais ce courant de pensée, la biodynamie est la déclinaison agricole de l'anthroposophie, est critiqué et critiquable de par son approche ésotérique sans fondements scientifiques. Ce mouvement s'est répandu dans les pays de langue allemande, avant de se développer en France dans le domaine de la viticulture (600 des 800 certifiés Demeter en France sont des viticulteurs).

Le FIBL (institut suisse de recherche agronomique en Agriculture biologique et biodynamique) mène depuis 1978 un essai de longue durée sur sa station expérimentale de Therwil (Canton de Bâle), sans qu'à ce jour celui-ci n'est pu démontrer un quelconque bénéfice de la biodynamie (rendements, taux de matière organique, activité biologique).
En effet, en application, l'agriculture biodynamique repose sur l'emploi de préparation à base de plantes ou minéraux (ayants été élaborés suivant les enseignements de R. Steiner, M. Thün ou encore l'australien A. Podolinsky). Au nombre de huit, ces préparations prétendent agir comme éliciteurs ou stimulants pour les végétaux.

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Pulvérisation de corne de bouse préparée (500P) dans un vignoble

Système pastoral


Le système pastoral est un système d'élevage reposant sur le pâturage et donc sur les ressources fourragères spontanées pour assurer tout ou partie de l'alimentation du troupeau.
Il est dit extensif puisque reposant majoritairement sur de grandes surfaces, ainsi que sur la mobilité des troupeaux. Il y aurait selon les estimations de la FAO environ 200 millions d'éleveurs dans le monde, dits "pasteurs".
En France, ce sont 60 000 agriculteurs qui valorisent des ressources semi-naturelles sur 2 millions d'hectares selon la Chambre d'Agriculture.

Transhumance estivale

De nombreux éleveurs de méditerranée sont amenés à transhumer dans les montagnes afin d'assurer l'alimentation de leur troupeau. En effet, la transhumance permet d'éviter les sécheresses estivales en profitant du décalage de printemps en altitude lié à la fonte des neiges.
Les éleveurs transhument à partir du mois de Juin, dans les Alpes et la Lozère par exemple et regagnent généralement leur terre en Octobre-Novembre.
En PACA, ce sont environ 600 000 brebis qui gagnent les estives chaque année.

Transhumance hivernale

Plus rare que la première, elle correspond au mouvement d'éleveurs montagnards vers la plaines, pour éviter cette fois le froid et la neige, t donc l'absence de ressources fourragères.

Transhumance pendulaire

Cette transhumance correspond aux éleveurs de moyennes montagnes qui effectuent des transhumances vers des estives de plus haute altitude durant l'été, et des transhumances vers des prés à basse altitude pour passer l'hiver à l'abri du froid et de la neige.

Sylvo-pastoralisme


Sources:

https://www.iemed.org/publication/les-cultures-pastorales-dans-le-bassin-mediterraneen/?lang=fr