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Gestion de l'internat


témoignage

N. est CPE dans un établissement d’enseignement agricole qui abrite un internat. Les élèves internes n’ont pas la possibilité matérielle de travailler dans leur chambre : l’espace est trop restreint pour que chaque interne y bénéficie d’un bureau. De ce fait, les temps de devoirs se font collectivement, en salle d’étude, assis, immobiles et silencieux. Les travaux en groupes ne sont pas possibles, ce qui génère une difficulté pour réaliser les exposés ou autres devoirs collectifs demandés par les enseignants.
Ces moments d’études collectives génèrent des tensions entre les internes et les assistants d’éducation qui les encadrent : tous les élèves n’ont pas des devoirs tous les soirs, certains se plaignent d’inconfort, d’autres encore demandent à pouvoir écouter de la musique en travaillant. Certains expliquent avoir besoin de « bouger » pour retenir leur cours.
Ces tensions amènent N. a proposer de nouvelles modalités d’étude aux internes qui le souhaitent. Elle met alors à la disposition de ces derniers du mobilier leur permettant de travailler autrement : installés dans des fauteuils plus confortables, allongés sur des tapis. Un autre salle est ouverte pour accueillir de petits groupes d’élèves souhaitant travailler ensembles, les élèves qui en ressentent l’envie ou le besoin pourront écouter de la musique pendant l’étude.

capsule prioritaire

Suite à une enquête menée sur un échantillon représentatif des internats de l’Enseignement Agricole, entre 2018 et 2020, il est apparu que les internats peuvent être des lieux favorisant les apprentissages grâce à un climat de travail de qualité rendu possible par :
• Une bonne communication entre les enseignants et les équipes d’éducation et de surveillance pour une cohérence éducative,
• Des conditions favorisant l’entraide par des échanges entre les élèves,
• Des conditions matérielles et une organisation qui répondent aux besoins exprimés par les internes : travailler en bougeant, travailler seul et dans le silence, travailler en binômes ou en groupes.
Il est important de distinguer la position de l’interne et son engagement dans le travail scolaire. En effet, ce n’est pas parce qu’il-elle est assis-e, immobile et silencieux-se qu’il-elle est en train de travailler et/ou d’apprendre. De la même façon, ce n’est pas parce qu’il-elle est allongé-e ou qu’il-elle est en mouvement qu’il-elle ne peut pas être en train d’apprendre et/ou de travailler efficacement.
Demander aux élèves quels sont leurs besoins pour « bien travailler » à l’internat, c’est par ailleurs les aider à développer une meilleure connaissance de soi, une auto- évaluation positive et leur capacité d’attention à soi. Ces compétences cognitives de meilleure conscience de soi peuvent par ailleurs les amener à une plus grande capacité à prendre des décisions constructives pour eux : avoir conscience de soi, mieux se connaître permet d’affiner son projet personnel et ainsi, le travail scolaire et notamment les « devoirs » revêtent un sens nouveau : ils permettent de faire aboutir ce projet personnel. Cette utilité ressentie peut favoriser l’engagement dans le travail, la persévérance scolaire et le fait de mettre en œuvre des stratégies pour dépasser ses difficultés.
Ainsi, les internats peuvent participer pleinement de développer les compétences psychosociales des élèves.

ressources

Comment réaliser un auto-diagnostic de l'internat de son établissement dans une démarche d"amélioration continue ? : L'arbre de l'internat